Si l'expressionnisme a touché les Arts il a évidement touché aussi la littérature dans les années 1910 à 1920, en Allemagne principalement. En effet, à cette époque les écrivains allemands écrivent en réaction contre le matérialisme en recherchant une plus grande vision spirituelle de la vie, mais dénotent cependant une vue pessimiste de la destinée humaine. Il est vrai que tout va mal pour l'Allemagne et les autres pays d'Europe centrale qui connaissent le début de la Première Guerre Mondiale, suivie de la révolution d'octobre en Russie et de l'effondrement du Reich. Les écrivains n'ont alors plus le choix, faire passer une idéologie de renouveau et de fraternité pour ne pas tomber dans l'apocalypse. Le conflit des générations est, pour certains écrivains du mouvement, une des manifestations de la remise en cause des valeurs traditionnelles (le Fils, 1914, de Walter Hasenclever).
Les philosophes tels que Kierkegaard et Nietzsche ont une vision révoltée et parfois exaltée de la société et du monde dans lequel ils vivent. Dans le Gai Savoir, Nietzsche rejette non seulement les valeurs religieuses et traditionnelles de la morale bourgeoise, mais aussi l’idéalisme qui domine jusqu’alors la philosophie allemande. Sa vision poétique d’un nouveau type d’être humain, principal représentant d’une société radicalement transformée, est présentée dans son œuvre capitale, Ainsi parlait Zarathoustra (1883) : il y dote cet homme nouveau, le « surhomme », des meilleures qualités de l’individu actif, et en fait l’expression suprême de la « volonté de puissance », qui est pouvoir sur les autres, mais plus encore pouvoir sur soi, affirmation de soi et puissance créatrice.
Naît alors le discours engagé qui prend parti contre les valeurs de la société bourgeoise et capitaliste. Leurs idées se rapprochent dangereusement du communisme, de l'anarchisme ou du pacifisme et dénoncent l'aliénation de l'homme face à l'emprise croissante de la technologie.
De même que les philosophes cités précédemment, la thématique des écrivains ne varient que très peu : violence, foule, grandes villes, machines et usines ainsi que l'imaginaire, les mythes et le fantastique remplissent des centaines de pages. Les écrits dit "expressionnistes" tendent à provoquer chez le lecteur un choc émotionnel violent. Les auteurs dépassent l'apparence pour atteindre la vérité cachée des choses et des êtres. On trouve une abondance en images et allégories ; la syntaxe est malmenée, saccadée, discontinue ; il y a une réel rupture dans le code narratif : absence d'un point de vue unique et de linéarité dans le récit, va-et-vient permanent entre registre descriptif et poétique. Toutes ces caractéristiques permettent aux artistes et littéraires de décrire des émotions par l'exagération, la déformation, l'idée fantastique au moyen de l'application discordante, violente ou dynamique d'éléments formels ; d'exprimer des points de vue subjectifs et des états d'esprits. Elles permettent également l'exploration des thèmes chargés d'émotion et d'utiliser les possibilités expressives des moyens pour transmettre la peur, l'angoisse, l'horreur ou encore de traiter des sujets sombres de manière intense et hallucinatoire. Les compositions sont toujours instables et agitées, reflétant la frustration, l'anxiété, le dégoût et une intensité des sentiments en réponse à la banalité brute et aux contradictions que les compositeurs ont rencontrés dans leur vie.